Charles Sannat : L’arrivée des robots et la disparition du travail

Publié le par Vahine

Charles Sannat : L’arrivée des robots et la disparition du travail

Et puisqu'on est en train de parler de robots ( voir mon article précédent ) , voici encore un ( excellent ! ) article à ce sujet de Charles Sannat pour : Le Contrarien Matin : http://www.lecontrarien.com

 

 

À propos de l'auteur

Charles Sannat est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires. Il est actuellement le directeur des études économiques d'AuCOFFRE.com et rédacteur du Contrarien Matin, 'Décryptage quotidien, sans concession, humoristique et sarcastique de l'actualité économique'.

 

« Enquête exclusive : vous pouvez être effrayés ! »

 

Rediffusion de l’un des éditos, celui du 24 janvier 2014 consacré à la robolution

 

La « crise », sans doute comme beaucoup parmi vous, j’entends ce mot disons, depuis… ma naissance, ou presque ! Ayant eu la très mauvaise idée de naître en 1975, excellent millésime au demeurant concernant le vin, nous enchaînons depuis ce temps-là, c’est-à-dire bientôt 40 ans, crises sur crises. Chocs pétroliers, arrivée de la technologie moderne, krachs boursiers, de 87, de 97, de 2000, de 2001, de 2007, augmentation du prix de l’énergie passé de 2 dollars le baril au début des années 70 à largement plus de 100 dollars aujourd’hui, crise environnementale, crise alimentaire, crise sanitaire, crise humanitaire, partout, chaque année, depuis ma naissance, je suis bercé par ce mot « crise » répété à longueur de temps.Pourtant, la définition même du mot crise implique une idée de limitation dans le temps. Une crise c’est la période paroxystique de recherche d’un nouvel équilibre. La crise, c’est ce moment entre deux équilibres, l’ancien que l’on a quitté, et le nouveau que l’on n’a pas encore trouvé. A priori cela fait 40 ans que l’on cherche mais que l’on ne trouve pas ! Alors aujourd’hui, je voulais partager avec vous un petit point d’avancement sur la nouvelle révolution industrielle qui s’annonce et qui va renvoyer les changements pourtant bien réels apportés par Internet au rang de simple amuse-gueule.

 

Très peu de nos concitoyens sont au courant ou perçoivent ce qui va nous tomber dessus dès 2015, qui, si je ne me trompe pas, risque d’arriver d’ici la fin de cette année. Je ne parle même pas de nos hommes politiques, de nos grands mamamouchis qui en sont toujours à construire des lignes Maginot pour qu’elles soient contournées. Ils vous parlent de l’inversion de la courbe du chômage. Ils vous parlent de croissance économique. Ils basent toutes leurs hypothèses sur la taxation du travail et sur le travail comme mode de répartition de la richesse. Ils font cela car ils ne savent pas faire autre chose. Lorsque votre seul outil est un marteau, tout ressemble furieusement à un clou ! Cette petite maxime particulièrement pertinente décrit à « merveille » l’état d’esprit de nos « zélites » qui ne voient pas arriver LE tsunami de notre siècle : la disparition du travail !

L’arrivée des robots et la disparition du travail !

Vous avez dû le deviner. La jeune femme dont la photo illustre cet article n’est pas humaine. Elle est fort jolie, séduisante, charmante et rassurante… mais elle n’est pas humaine. C’est un robot, ou plus précisément une humanoïde dotée de programmes d’intelligence artificielle, de batteries hautes performances, de capacités de reconnaissances faciales et morphologiques couplées à la puissance des bases de données informatiques.

Certains robots sont presque beaux, d’autres sont carrément effrayants. Ils font peur, ils déclenchent des réflexes de paniques tant ils semblent tout droit sorti de films d’horreur de science-fiction.

Alors aujourd’hui, je voulais vous emmener en voyage dans ce monde d’après, celui qui vient, dans ce futur si proche que l’on peut dire sans se tromper et avec certitude que cette révolution robotique est pour demain. Cet article est (encore) long plus que d’habitude, mais considérez-le plus comme un dossier spécial ou un petit hors-série que comme l’article du jour. Je l’ai enrichi de nombreux liens qui vous permettront grâce à la magie des nouvelles technologies et d’Internet d’aller vous forger votre propre opinion et de voir de vos yeux vus ce qui nous attend. Partagez et faites suivre ce dossier car je pense que nos concitoyens doivent être informés de ce qu’il se passe, car bien évidemment nous devrons apporter collectivement des réponses d’ordre sociale et politique. Vous pouvez également le faire suivre à votre maire, député, sénateur ou encore président de conseil régional, sait-on jamais !

Ses enjeux, la façon dont cela va profondément bouleverser le monde, notre monde, la répartition des richesses, le fonctionnement de nos sociétés, nos certitudes et, disons-le, vraisemblablement jusqu’à l’âme humaine, mérite que l’on s’arrête aujourd’hui très longuement sur ce sujet. C’est passionnant, tout aussi passionnant que c’est effrayant, car tout, je dis bien tout va changer et plus rien ne sera jamais comme avant.

La technologie et la quantité de travail

Avant d’aller plus loin, revenons sur cette idée stupide de la technologie qui crée du travail « maispaslemême », je dis stupide pour trois raisons.

La première c’est que ce qui est vrai en Bourse l’est également pour l’économie en général ou même, soyons encore plus large, pour la vie ! Les performances passées ne préjugent jamais des performances à venir.

Dire que parce que les Canuts ont disparu et qu’ils ont été remplacés par d’autres métiers tout aussi manuels au millénaire dernier (les Canuts comme les chocs pétroliers c’était bien au millénaire dernier) n’est en aucun cas un argument recevable pour nous faire croire ou me faire croire qu’il en est également de même aujourd’hui… Surtout lorsque les faits vous permettent de constater le résultat exactement opposé.

La deuxième raison c’est que justement les chiffres montrent désormais sans aucune ambiguïté que la technologie a atteint un stade où elle détruit des emplois.

La troisième tient au fait qu’il était techniquement facile d’adapter un « canut » à un tout autre travail manuel qui ne demandait pas plus de neurones disponibles, c’est-à-dire à un autre travail manuel qui était parfaitement accessible à la personne concernée.
Pour être encore plus clair, qu’allons-nous faire de tous nos pas futés et de tous les pas forts en math, et vous pouvez me mettre dans le lot dans la mesure où je n’ai pas du tout l’esprit d’un développeur en informatique ou d’un ingénieur qui ferait du calcul de structure ou de la résistance des matériaux à longueur de journée. Il ne se pose pas qu’une question de nombre d’emplois mais aussi et surtout une véritable question sur l’employabilité des masses… Comment allons-nous occuper nos masses laborieuses, euphémisme pour désigner tous les crétins ? Personne ne veut jamais poser la question en ces termes car cela revient à dire qu’il y a deux catégories de gens, les imbéciles et les futés… et donc que nous sommes inégaux, ce qui est, hélas, la triste réalité et ce dès notre naissance. C’est la loi et les chances notamment en termes éducatifs qui tendent à pallier une inégalité de naissance qui, de toute façon, perdure aussi bien pendant la scolarité que la vie d’adulte. C’est certainement injuste mais c’est ainsi. Ensuite, traiter de crétins ses électeurs n’est pas pour un politicien la voie royale pour se faire élire dans la mesure où justement les crétins ont aussi le droit de vote ! Ce qui est bien. Mais il est essentiel de poser la question que fait-on de ces gens ? Comment pouvoir les faire participer pour qu’ils puissent bénéficier eux aussi de la redistribution des richesses ? C’est une question cardinale et elle ne passera très prochainement plus par l’idée de créer plus d’emplois. Nous allons vivre à partir de l’année prochaine la fin du travail tel que nous l’avons connu !

Quelques chiffres à retenir

Pour illustrer ce point de vue, je vous donne deux chiffres tirés d’un article très récent de The Economist dont je vais vous livrer la traduction un peu plus bas. Retenez donc :

- En 2000, 65 % des Américains en âge de travailler avaient un emploi ; depuis, cette proportion a diminué, pendant les bonnes années comme lors des mauvaises, au niveau actuel de 59 %.

- Au cours des trois dernières décennies, la part du travail dans la production a diminué globalement de 64 % à 59 %.

- Pendant ce temps, la part du revenu allant au 1 % les plus riches en Amérique a passé de près de 9 % en 1970 à 22 % aujourd’hui. Le chômage est à des niveaux alarmants dans la plupart des pays riches, et pas seulement pour des raisons conjoncturelles.

Il faut distinguer deux périodes. Faisons simple, il y a un avant l’an 2000 et un après. Jusqu’en 2000, nous en sommes essentiellement resté sur le modèle de la production de masse nécessitant une masse de gens. Les gains de productivité étaient certes réel, mais pas exponentiel et l’intervention humaine encore indispensable. Personne n’était prêt à laisser la technologie devenir envahissante.

Il y a un après an 2000, avec l’arrivée à maturité de la révolution Internet et des tuyaux (le haut débit qui arrive à Paris qu’en 2005 !!).

 

Le plus grand bouleversement du marché du travail depuis 1 800 est à nos portes et personne n’est prêt !

 

Je vous livre ici la traduction (presque complète) d’un article de The Economistrécent puisqu’il date du 18 janvier 2014. Vous avez tous les liens en annexe.

L’effet de la technologie d’aujourd’hui sur les emplois de demain sera immense et aucun pays n’est prêt pour cela, l’élixir du progrès, a toujours coûté aux gens leurs emplois.

Dans la révolution industrielle, les tisserands artisanaux ont été balayés par le métier à tisser mécanique.
Au cours des 30 dernières années, la révolution numérique a déplacé la plupart des emplois à compétences moyennes qui sous-tendent la vie de la classe moyenne du 20e siècle.
Dactylographes, agents de billetterie, guichetiers de banque et de nombreux emplois de lignes de production ont été abandonnés, tout comme les canuts à leur époque.

Beaucoup, y compris dans ce journal, croient que le progrès technologique a fait du monde un endroit meilleur, et qu’il est une partie naturelle de la prospérité croissante.

Bien que l’innovation tue des emplois, elle en crée de nouveaux et de meilleure qualité, une société plus productive devient plus riche et ses habitants plus riches demandent plus de biens et services.

Il y a cent ans, un travailleur américain sur trois était employé dans une ferme. Aujourd’hui, moins de 2 % d’entre eux produisent beaucoup plus de nourriture. Les millions d’individus libérés de la terre n’ont pas été enfermés dans un chômage éternel, mais ont trouvé un emploi mieux rémunéré dans une économie qui a progressé et qui est devenue plus sophistiquée.

Aujourd’hui, le nombre de secrétaires a très fortement diminué (elles sont en réalité en voie de disparition), mais il y a de plus en plus de programmeurs et concepteurs de sites Web.

L’optimisme reste toujours le point de départ, pourtant, pour les travailleurs, les effets perturbateurs d’une technologie peuvent se faire sentir plus rapidement que ses avantages.

Même si de nouveaux emplois et de merveilleux produits émergent, à court terme des écarts de revenus se creusent, causant de grands bouleversements sociaux et politiques peut-être même des révolutions.

L’impact de la technologie se fera sentir comme une tornade, frappant le monde riche d’abord, mais finalement balayant les pays pauvres.

Aucun gouvernement n’est prêt pour cela.

Pourquoi s’inquiéter ?

Le modèle d’aujourd’hui est similaire à celui de la révolution industrielle. La prospérité déclenchée par la révolution numérique a augmenté massivement pour les propriétaires du capital et les travailleurs les plus qualifiés.
Au cours des trois dernières décennies, la part du travail dans la production a diminué globalement de 64 % à 59 %. Pendant ce temps, la part du revenu allant au 1 % les plus riches en Amérique a augmenté de près de 9 % en 1970 à 22 % aujourd’hui. Le chômage est à des niveaux alarmants dans la plupart des pays riches, et pas seulement pour des raisons conjoncturelles. En 2000, 65 % des Américains en âge de travailler avaient un emploi ; depuis, cette proportion a diminué, pendant les bonnes années comme les mauvaises, au niveau actuel de 59 %.

Pire, il semble probable que cette vague de rupture technologique sur le marché du travail ne fait que commencer.

Des voitures sans conducteur, des gadgets ménagers intelligents, les innovations qui existent déjà pourraient détruire des pans entier d’emplois qui ont été jusqu’ici préservés. Le secteur public est une cible évidente : il s’est avéré singulièrement résistant à la réinvention dominée par la technologie. Mais le changement d’étape dans ce que les ordinateurs peuvent faire aura un effet puissant sur les emplois de la classe moyenne dans le secteur privé aussi.

Jusqu’à présent, les travaux les plus vulnérables aux machines étaient ceux aux tâches routinières et répétitives. Mais grâce à la hausse exponentielle de la puissance de traitement et l’omniprésence de l’information numérisée (« big data »), les ordinateurs sont de plus en plus en mesure d’effectuer des tâches complexes à moindre coût et plus efficacement que les gens.

Les robots industriels intelligents peuvent rapidement « apprendre » un ensemble d’actions humaines. Les services peuvent donc être encore plus vulnérables que ce que l’on croyait.

Les ordinateurs peuvent déjà détecter des intrus dans une image de caméra en circuit fermé de façon plus fiable qu’un humain. En comparant des quantités de données financières ou biométriques, ils peuvent souvent diagnostiquer la fraude ou la maladie avec plus de précision que n’importe quels comptables ou médecins.

Une étude récente menée par des universitaires à l’Université d’Oxford suggère que 47 % des emplois d’aujourd’hui pourraient être automatisés dans les deux prochaines décennies.

Quand Instagram, un site de partage de photos populaire, a été vendu à Facebook pour environ 1 milliard de dollars en 2012, il avait 30 millions de clients et employait seulement… 13 personnes. Kodak, qui a déposé son bilan quelques mois plus tôt, employait 145 000 personnes à son apogée !!

Google emploie aujourd’hui 46 000 personnes. Mais il faut des années aux nouvelles industries pour croître, alors que la perturbation, c’est-à-dire les destructions d’emplois, elles, se font sentir plus tôt.
Airbnb, un site qui loue des chambres directement chez des propriétaires, constitue par exemple une menace directe pour le secteur hôtelier qui est un immense employeur et les exemples de ce type peuvent être multipliés à l’infini. Si la lecture de cet article vous intéresse, vous pouvez la poursuivre directement sur le site de The Economist. Je voulais juste vous montrer que même l’un des journaux économiques de référence dans le monde émet lui aussi de très sérieux doutes quant à notre capacité de créer des emplois dans un tel contexte technologique. J’avais résumé cela en disant dans un précédent article consacré à ce sujet que « nous ne transformerions pas les balayeurs en ingénieurs ».

Une liste infinie de bouleversements liés à la technologie

Il faut bien comprendre que deux phénomènes vont rentrer en résonance en terme technologique. La robotique d’une part, qui arrive à maturité, et l’informatique, qui a fait des progrès considérables notamment dans nos capacités de programmation, d’adaptation, de temps réel et d’intelligence artificielle (IA).
C’est cette conjonction de ces deux révolutions, l’une déjà bien avancée et l’autre qui n’en est qu’à son commencement, qui va changer la face du monde. Prenons encore un exemple avant d’attaquer le sujet de la robotique plus particulièrement.

L’éducation ne sera pas non plus épargnée !

Dans cette période de vaches maigres, où les déficits de l’État sont abyssaux, où nous cherchons des dépenses à réduire, nous dépensons des sommes folles de façon stupide et anachronique pour avoir par exemple des… universités !! Attention, la FAC c’est très bien, là n’est pas la question (quoique), mais nous pourrions faire tout autrement.

Cours en ligne, test en ligne, et examen présentiel une ou deux fois par an, et éventuellement quelques regroupements indispensables dans certaines filières, je pense par exemple à la fac de médecine. Difficile de faire une dissection de cadavre humain en ligne ou de livrer un corps par la poste ou en point relais à chaque étudiant, mais vous rendez-vous compte des économies engendrées ? Beaucoup moins de coûts pour la collectivité, plus de petits malins (bien bêtes) perturbateurs, plus besoin d’autant de locaux, les effectifs des enseignants peuvent être divisés par 10, nous pouvons démarrer une formation à n’importe quel moment (ou presque), plus de besoin de logement étudiant, plus de déplacements inutiles et mauvais pour le « bilan carbone », et franchement, écouter un prof dans mon salon ou à l’école c’est la même chose, sauf que… dans ce cas, le meilleur prof de France peut faire les cours pour tous !!

D’ailleurs, je vous livre en annexe un lien vous permettant de vous inscrire aux MOOC de l’université française !! Oui mes chers contrariens, vous pouvez assister gratuitement à des cours entiers en fonction de vos centres d’intérêt. Cours du prof, travail en équipe via des forum, QCM pour valider les connaissances et obtenir l’attestation !! C’est extraordinaire, c’est bien fait (même si cela peut encore être amélioré), c’est accessible à tous à tout moment et… c’est entièrement gratuit ! Plus besoin de prof vous dis-je… Pourtant, qui l’eût cru il n’y a ne serait-ce que 5 ans qu’un jour nous pourrions envisager de réduire le nombre d’enseignants et malgré cela avoir plus de qualité… Nous avons tous eu d’excellents professeurs, de ces profs qui vous font découvrir une matière et savent vous transmettre une passion, des profs qui vous changent la vie, réellement, ce fut mon cas en français et en économie… Et du coup j’écris en français des articles sur l’économie ! Ils m’ont véritablement ouvert des horizons. Et puis nous avons tous eu de mauvais profs, calamiteux, ceux qui vous dégoûtent à vie d’une matière. Imaginez un peu des étudiants n’ayant QUE des professeurs extraordinaires…

 

Plus besoins d’infirmières, de femmes de ménages, d’assistants de vie, de balayeurs, de jardiniers, etc.

La liste serait très longue, mais UCROA (une robote humanoïde de 46 kg) fera parfaitement l’affaire. Pour les jardiniers idem, et puis plus aucun besoin de caissier chez Auchan car un petit robot prendra parfaitement sa place à la caisse comme celui utilisé dans l’usine Glory (au Japon).

Nous avons droit d’ailleurs à ce sujet à un sublime article des Échos assez hallucinant de propagande pro-robot.

Il est intitulé « Les humanoïdes à la rescousse des usines japonaises ». Ouf, heureusement que les robots viennent nous sauver hein, des fois que vous ne soyez pas super content de les voir débarquer comme ça, d’un coup, dans votre vie pépère (pépère, c’est façon de parler).

Cet article « brillant » conclu très intelligemment que « le groupe, qui mise sur une croissance de 10 % de son profit net sur l’exercice fiscal commencé en avril, n’a d’ailleurs pas réduit ses effectifs avec ses nouvelles machines – 320 humains sont toujours employés dans l’usine de Saitama, où l’arrivée d’autres robots est déjà programmée » .

Eh oui… l’usine japonaise n’a déployé que 5 robots… sur 320 humains, ce qui porte le nom de phase de test, et comme la phase de test est très concluante, figurez-vous que l’usine vient de passer une autre commande de robot et que ses bénéfices vont croître de 10 % par an… et sans doute plus lorsque l’on sait qu’un tel robot coûte moins de 60 000 dollars (et ils sont encore très cher), ce qui revient à moins de deux ans de salaire d’un humain qui en plus doit avoir des vacances, doit aller aux toilettes, et même doit rentrer chez lui pour dormir… Bref, l’être humain est économiquement totalement dépassé. Supprimons-le, et je peux vous assurer que c’est le rêve secret de 90 % des employeurs et des chefs d’entreprises à travers notre planète. Si vous faisiez un sondage en off à Davos, je crois que vous seriez tétanisé à l’idée que tous vont supprimer les emplois !!

Alors pour illustrer tout cela, voici une petite sélection non exhaustive des robots qui seront bientôt chez vous, ou autour de vous, et de vous à moi, je suis clairement effrayé…

Titan le robot !

Enfin effrayé, c’est sûr mais un Titan peut avoir de bons côtés. Par exemple, si vous avez une bande de méchants sauvageons en train d’attaquer un train de banlieue… si le Titan les attrape par la peau des fesses, cela va en calmer plus d’un, mais personnellement si vous m’en mettez une dans la rue, je crois qu’au mieux je change de trottoir au pire je me barricade chez moi, ou comme dans le livre Globalia dont je vous reparlerai plus longuement, je me cherche une « non-zone », un endroit sans robot et je crois qu’il va falloir militer dès à présent pour des « réserves humaines » où l’homme pourrait rester homme sans toute cette folie technologique profondément psychotoxique.

Alors Titan fait une tournée aux USA, et franchement il est tellement effrayant que malgré sa voix sympa, personne n’a vraiment très envie de se faire tripoter par Titan, qui trouvera donc certainement une place de choix dans le maintien de l’ordre… Imaginez un peu 2 000 Titan déguisés en CRS… on va dérouiller à la prochaine manif, je peux vous le dire, on n’est carrément plus au niveau là !

Vous remarquerez aussi le côté propagande de cette tournée et de ce reportage, où un robot tout simplement immonde et rappelant les « heures les plus sombres » de l’histoire de notre science-fiction doit sembler sympathique aux foules en délire afin que Titan soit accepté par les masses, sans doute parce qu’après les avoir arrosées de son petit jet d’eau inoffensif, il sera équipé d’arguments autrement plus convaincants… Évolution pathétique d’un monde en totale déroute aussi financière que, et c’est plus grave, morale.

 

Reportage de la NHK, « Robot Revolution : Will Machines surpass humans »

Ensuite, je vous propose un très beau reportage au-delà du future de la NHK, qui est la télé publique japonaise, c’est un peu le France 2 de là-bas, donc c’est parfaitement sérieux, et je vous précise que ce reportage est réalisé sans trucage, ce qui là encore est carrément effrayant surtout avec les robots serveurs de thé et de café de chez Honda… (ils font aussi les voitures du même nom).

 

Google rachète Boston robotics : quand les robots remplaceront ordinateurs et tablettes

Continuons par cet article du Nouvel Obs concernant les raisons du rachat par Google (le moteur de recherche bien connu de presque tous) de Boston robotics, une entreprise de robotique, l’une des plus grosses firmes américaines de ce secteur, tout en sachant qu’il me semble que Google en est à son 9e rachat cette année d’une entreprise de robotique !!

La réponse apportée par le Nouvel Obs est assez claire : « Parce que la firme estime que les robots pourraient constituer un important marché. Un investissement révélateur d’une stratégie toujours tournée vers l’avenir. »

Boston Dynamics est cette entreprise spécialisée dans les robots militaires dont chacun a vu la vidéo très impressionnante de ce quadrupède qui court et, bousculé par un homme, ne tombe pas….

La stratégie de la société Google est une stratégie impressionnante et à multiples tiroirs. Google cartographie le monde entier, chaque rue, chaque pays, chaque immeuble et les applications qui en découlent sont nombreuses et lucratives. Mais cela ouvre de très grandes perspectives comme les logiciels GPS embarqués sur les smartphone Android et toujours à jour, pas comme celui de votre voiture bientôt complètement dépassé lorsque votre Google car sans pilote vous emmènera où vous voulez… Tant pis pour le plaisir de conduire que Manu le Valls a décidé de nous réduire un peu plus en abaissant encore la vitesse autorisée de 90 à 80 km/heure, au moins, pendant ce temps-là, on ne parle pas de ses éventuels délits de favoritisme où il passe des marchés de plus de 450 000 euros à son ex-femme (révélé par Mediapart).

La stratégie de Google est donc brillante et tout ce qu’il font génère des synergies fortes avec leurs activités actuelles et futures, c’est l’idée des « multiplicateurs de forces » militaires adaptés au monde de l’entreprise.

L’avenir est aux robots et les robots embarqueront des technologie Google, « Google Robotics » concurrencera directement les mastodontes du secteur que seront les japonais notamment Mitsubishi et Honda.

Toutes les technologies convergent vers les robots… 

 

Alors que penser ?

Comme je le disais déjà dans un précédent article, la révolution robotique est vertigineuse économiquement mais aussi en termes sociétaux et philosophiques. Il peut en sortir le meilleur. Un monde d’où la pauvreté serait éradiquée et où l’homme oisif pourrait méditer, créer, inventer, imaginer en toute indépendance financière.

Il en sortira probablement le pire, avec une période transitoire d’extrême richesse pour une infime minorité et une très grande pauvreté pour la plus grande majorité sans distinction de classe sociale. Tout le monde sera touché. Certains résisteront simplement un peu plus longtemps que les autres. Délinquance et désordres sociaux en seront les conséquences les plus évidentes.

 

Comment vous préparer à ce nouvel âge post-industriel sans emploi ?

Préparez-vous à ne pas avoir de travail ! Partez du principe que vous serez rapidement remplacé par un robot d’une marque quelconque. Vous êtes prof ? Infirmière ? Caissière ? Balayeur ? Livreur ? CRS ? Pervenche ? Un robot sera très prochainement conçu pour remplacer votre travail. Il y aura des millions de chômeurs, et vous ne pourrez pas retrouver de travail car il n’y en aura tout simplement plus.

Nous allons vivre un instant hors du commun, celui où l’homme devra choisir entre la fin de son aliénation et de son asservissement à la société de consommation et pourra véritablement devenir humain et donc spirituel, dégagé de l’ensemble des tâches bassement matérialistes qui seront prises en charge à tous les niveaux par les robots, ou alors l’humanité basculera dans le néant, dans le chaos et ce sera la lutte armée, mythique, de l’homme contre la machine.

Encore une fois, pour gagner un peu de temps et de tranquillité, une maison à la campagne avec un potager loin de tout est vraiment une bonne idée. Surtout loin de tous ces robots abjectes qui seront la négation de notre futur.

Enfin, pour les plus entreprenants, vous pouvez vendre tout ce que vous avez ou presque, et acheter des actions Google, Mitsubishi et Honda… Vous pourriez devenir très riches, à défaut de l’être longtemps et d’avoir un travail !

Dans tous les cas, il y a largement de quoi être profondément effrayé par cette métamorphose du monde. Mais on vous expliquera que le progrèèèèèès c’est bien, que l’on ne peut pas l’arrêter etc., alors même si le combat contre les robots semble perdu d’avance, il faudra le livrer.

Ici John Connor, si vous écoutez ce message, vous êtes la résistance.

Restez à l’écoute.

À demain… si vous le voulez bien !!

Charles SANNAT

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes »

Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Le Contrarien Matin est un quotidien de décryptage sans concession de l’actualité économique édité par la société AuCOFFRE.com. Article écrit par Charles SANNAT, directeur des études économiques. Merci de visiter notre site. Vous pouvez vous abonner gratuitement www.lecontrarien.com.

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