Duncan MacMartin : La méthode du psychopathe

Publié le par Vahine

Duncan MacMartin : La méthode du psychopathe

Les gens qui nous gouvernent sont ils des psychopathes ?

Oui ! Par définition ...

Comme nous l'explique cet article ...

Et confier le monde à des psychopathes ne peut mener qu'au désastre ...

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La méthode du psychopathe

 

Duncan MacMartin
 03 juil. 2015

Traduction : SOTT 

Au fil des millénaires, les êtres humains ont été domestiqués comme du bétail par des prédateurs parasites insidieux et sans pitié qui se meuvent parmi nous avec aisance. Leur nature prédatrice a été largement édulcorée et camouflée par des siècles de tolérance réticente et d'acceptation lâche de notre part. Presque toutes nos grandes idées institutionnelles ont été adaptées, perverties, corrompues et même radicalement transformées en environnements qui favorisent considérablement leurs méthodes et leurs tactiques. 

Économie, gouvernance, enseignement, assistance sociale et santé ne sont désormais guère plus que les façades de leurs idéaux d'origine, gorgées de processus de prise au piège, d'exploitation et de frustration du potentiel qui fonctionnent uniquement pour rendre les prédateurs qui les contrôlent encore plus riches et plus puissants. 

De nos jours, grâce à l'attention portée par nombre de chercheurs, ces prédateurs sont mis à découvert et décrits sous le terme de « psychopathes accomplis » - ils composent la majorité des 5 % de l'humanité qui sont parvenus à éviter d'être cliniquement diagnostiqués et n'ont pas été appréhendés lors d'activités criminelles et immorales puis internés. 

Les « méthodes » du psychopathe sont simples et deviennent aisément observables lorsqu'on finit par apprendre à distinguer « la forêt dissimulée par l'arbre » et que l'on découvre que nombre de nos « certitudes » sociales et économiques primordiales sont en réalité les artéfacts évolutionnaires résultant de l'influence que les psychopathes exercent sur nos cultures et nos sociétés depuis des millénaires. 

Ils nous ont raconté que, tel du bétail, nous avons besoin de leurs enclos (contrôle) et de leurs rondes (surveillance) pour nous protéger des loups (ou des terroristes) qui allaient venir nous décimer nous et nos petits, que le monde est un terrible endroit hostile et que la vie est remplie d'ennemis - une prophétie autoréalisatrice lorsque les sociétés et les cultures sont gouvernées par les psychopathes. Leurs mesures servent en réalité à nous mettre sur la défensive, à nous rendre terrorisés et si aisément influençables qu'au final la peur nous infantilisera intellectuellement, nous divisera et nous rassemblera tel du bétail en vue d'un contrôle et d'une exploitation plus complets et systématiques. 

Au niveau cognitif, le psychopathe opère à partir de ce que le lauréat du Prix Nobel d'économie Daniel Kahneman a surnommé le « système 1 » ou pensée rapide, un modèle cognitif en place dans la petite enfance dont les processus se situent essentiellement au sein du système limbique, se fondent sur les souvenirs et sont contrôlés par les émotions. Amplifié par essais et erreurs, ce type de pensée primitive « rapide et grossière » est idéal pour opérer dans des environnements chaotiques et conflictuels, tels sur un champ de bataille ou dans des jeux vidéos. 

A contrario, le « système 2 », ou pensée lente, est rationnel, prévenant et logique ; étant donc à la fois analytique et constructif, il nécessite du temps. Les processus cognitifs du « système 2 » ont lieu essentiellement dans le cortex, dans les régions des fonctions cérébrales supérieures et lorsqu'il est pleinement évolué, il utilise ces dernières qui ne sont acquises que par la recherche de relations mutuellement bénéfiques avec les autres et l'environnement. Ce type de pensée supérieure lente et empathique est idéal pour gérer les relations, la créativité et la complexité. 

Le « système 1 », ou pensée « intuitive » (plutôt présomptueuse), utilise des formules, des recettes, des scénarios, des schémas d'actions mémorisés et remémorés en partie à partir d'expériences passées, ou imitées à partir de l'observation d'actions « réussies » accomplies par d'autres dans des circonstances similaires. Comme l'indique Kahneman, ce type de pensée est bourré d'impulsions, de suppositions et d'erreurs. Ses seuls avantages réels concernent les réactions réflexes rapides dans des environnements de survie conflictuels et concurrentiels où l'immédiateté est le facteur critique. 

On ne reconnaît pas les psychopathes uniquement à leur manque d'empathie, de conscience et à leurs façons d'agir impitoyables, manipulatrices, résolues, narcissiques et opportunistes, mais aussi à leur manque d'application quasi total de la pensée du « système 2 ». Cela signifie qu'ils souffrent d'une sévère incapacité à gérer la complexité, le bien-être d'autrui ou tout autre effet ultérieur de leurs actes au-delà de leur objectif intéressé immédiat ! 

Pour comprendre comment les psychopathes ont influencé morphologiquement les organes de la société et de la culture, nous devons avoir conscience de ces manières d'agir et processus cognitifs que nous venons d'évoquer. Inutile d'être un génie pour parvenir à la conclusion que si les psychopathes veulent avoir toujours l'avantage et l'emporter, ils doivent transformer chaque type de relation ou d'interaction humaines quasiment en conflit ou en compétition. Ainsi, il est simple de créer de tels systèmes antagonistes, mais ce genre de système manque cruellement d'intelligence et d'efficacité et fonctionne sur des structures et des processus défectueux, dont les véritables coûts sont malheureusement supportés par nous autres et la planète, et rarement par le psychopathe. 

Nous tous, à un moment ou à un autre, et probablement souvent, avons été victimes d'un psychopathe. Dans le feu d'un affrontement, c'est presque un réflexe d'adopter une position défensive et concurrentielle du « système 1 », et ce faisant, notre sens de l'empathie et de l'équité nous désavantage fortement contre la sournoiserie, la cruauté et l'opportunisme du psychopathe affûté pour la « bataille ». Il lui est même encore plus facile de semer, entretenir et tirer profit de la division au sein de la famille, des amis, des communautés, des comités, des cultures, et même des nations. 

La sempiternelle grande vieille question dénaturante devient alors : « dans un conflit ou une rivalité, ne préféreriez-vous pas avoir un psychopathe de votre côté plutôt que contre vous ? » Mais bien entendu, tous ces types de situations n'aboutissent pas simplement à d'éventuels « gains » à court terme, mais à une destruction inévitable et un environnement conflictuel continu, à la fois au dedans et au dehors. 

La compétition et le conflit sont les éléments vitaux du psychopathe et la contagion psychologique ultime qui ne peut être éradiquée que par une compréhension claire puis l'évitement des processus cycliques entre psychopathie/sociopathie et compétition en tant que dynamique humaine. Nous devons choisir à la place une voie différente par le développement conscient d'une réciprocité empathique et la maturation consécutive de la pensée du « système 2 », de la créativité et de la pensée complexe, qui émerge graduellement d'un tel choix. 

Les psychopathes et leurs constructions (sociétés, partis politiques) doivent être identifiés, évités et isolés de manière à ce qu'ils n'aient plus davantage d'influences destructrices sur les lieux de contrôle ou de prise de décisions critique. La compétition engendre quelques gagnants et beaucoup de perdants, dans une hiérarchie insidieuse d'exploitation. Les organes de la société, qui ont été pervertis pour refléter les méthodes et objectifs psychopathiques, devraient être reconstruits, en éradiquant la compétition et en nous servant de notre intelligence supérieure acquise par empathie, tout en se focalisant sur le bénéfice mutuel avec une véritable synergie environnementale et de la créativité comme nouvelle essence. 

Pour pleinement comprendre l'effet du psychopathe, nous devons être conscients que la nature infantile arriérée de sa pensée et de son comportement et son inaptitude aux efforts créatifs, le garde dans un état de dépendance infantile. Il ne peut que prendre, ou recevoir, ce dont il a besoin ou désire, aussi se concentre-t-il essentiellement sur ses compétences infantiles à manipuler les autres pour satisfaire ses besoins. Il le fait d'une manière qui est amplifiée et perfectionnée par de nombreuses années d'essais et erreurs dans l'art de provoquer des réactions émotives chez autrui en se servant des tactiques émotionnelles de la séduction, du rejet et de la menace dans toutes leurs variantes. 

Malheureusement, les attributs de contrôle du psychopathe réussissent uniquement dans des environnements concurrentiels qui créent des divisions comme la politique et l'économie, où le développement de l'intellect et de l'empathie de populations entières a déjà été étouffé par l'application de la compétition du berceau au tombeau. Pour la plupart d'entre nous, pour rivaliser, nous avons été contraints à tenter d'appliquer la pensée sérieusement défectueuse du « système 1 » à tous les aspects de nos vies, littéralement dans « le feu de la bataille », et par conséquent avons abandonné nos potentiels cognitifs fertiles et complexes. 

L'enseignement a désormais été perverti au point où sa fonction première est de nous préparer au travail dans des environnements très concurrentiels sous la direction de psychopathes, ou de leurs procédés, et donc, par défaut, la pédagogie se concentre sur le modèle cognitif reposant sur la mémoire limbique, simpliste et « rapide et grossier » du « système 1 » et les tactiques concurrentielles du psychopathe. En outre, il est fondé sur le postulat tacite que la vie professionnelle consiste à recevoir des instructions des autorités sous la forme de recettes, formules, scripts et scénarios, à s'en souvenir en détail puis à les suivre à la lettre pour obtenir le résultat exigé par l'instructeur. 

Le prix à payer pour un enseignement fondé presque entièrement sur le système 1 est que nous avons sérieusement freiné nos potentiels cognitifs au point où la plupart d'entre nous sont incapables de conceptualiser ou de construire nos propres matrices de compréhension à propos de n'importe quel sujet, puis de poursuivre en créant des cartes intégrées de la réalité. À la place, nous nous fions à de soi-disant « autorités » comme les médias grand public, les politiciens, et à des « sources accréditées » pour nous informer sur leur valeur, leur vision du monde et ce qu'ils estiment devoir être considéré comme important dans la vie. Et ces autorités sont le plus souvent contrôlées par des psychopathes.

Duncan MacMartin
Opednews
ven., 03 juil. 2015

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