Le "Common Core" ou comment l'état vend l'Education Nationale à Microsoft

Publié le par Vahine

Le "Common Core" ou comment l'état vend l'Education Nationale à Microsoft

Plus très envie d'écrire ce blog essentiellement parce que j'en ai marre d'annoncer des mauvaises nouvelles ...

Entre autres, voici ce que les américains ont inventé pour pouvoir formater et manipuler les enfants dès leur plus jeune âge ...

Malheureusement bientôt la même chose en France !!!

Une vidéo de "Voyage spirituel " + un article de Médiapart  + un autre de "Bonnet d'âne" : Le blog de Jean Paul Brighelli :

Vahine.

 

https://blogs.mediapart.fr/ilian-amar/blog/081215/leducation-nationale-vend-nos-enfants-microsoft-pour-13-millions

 

http://blog.causeur.fr/bonnetdane/suis-je-un-enseignant-moderne-001022.html

Common Core : A l'école de Satan (bientôt en France). Ajoutée le 15 déc. 2015

L'Éducation Nationale vend nos enfants à Microsoft pour 13 millions

 

Lequel des deux affiche le plus grand sourire? Sur la photo, la Ministre de l'EN et le PDG de Microsoft France sont rayonnants. C'est pourtant une nouvelle calamité qu'ils annoncent aux élèves, aux enseignants et aux parents...

13 millions! C'est ce que va débourser Microsoft pour le plan numérique du gouvernement! En échange de cette somme insignifiante pour la multinationale, l'Éducation Nationale va lui ouvrir toutes grandes les portes des établissements scolaires. Au menu : mise en place du "cloud" Microsoft, formations "gratuites" pour les enseignants, "charte de confiance" (sic !), mise à disposition de la suite bureautique de Microsoft etc.

En clair, pour une poignée de lentilles, ce gouvernement veut livrer enfants et enseignants pieds et poings liés à une entreprise qui pratique l'évasion fiscale à grande échelle et continue à pratiquer la vente liée dans un pays où cette pratique est illégale.

Ajoutons que Microsoft pratique l'espionnage systématique de la population, que ses intérêts sont et ont toujours été d'enfermer les utilisateurs dans un éco-système totalement verrouillé au rebours des valeurs d'éducation et d'ouverture que prône l'EN et l'on comprendra la réaction outragée de centaines de professionnels et de dizaines d'associations et de syndicats à l'annonce de cet accord.

Cette décision révoltante démontre de façon éclatante l'ignorance totale dont font preuve nos politiques en matière d'éducation et d'informatique (et la collusion de leurs conseillers avec les puissances commerciales). ( NON, une fois pour toutes ils ne sont pas "ignorants" ! Ils savent ce qu'ils font, c'est voulu !!! note de Vahine ).

Nous sommes des milliers de professionnels à nous battre au quotidien contre l'emprise des multinationales du numérique dans l'éducation, d'abord et avant tout parce que cette emprise est contraire à nos missions et aux principes que nous sommes chargés de défendre, la liberté, l'égalité, la fraternité et la laïcité.

Obliger enseignants et élèves à utiliser un système aussi verrouillé que Windows, à utiliser une suite bureautique et des formats non interopérables, et par conséquent omettre de leur faire découvrir les fomats et les logiciels libres et ouverts constitue bien une atteinte à leur liberté.

Utiliser des logiciels commerciaux en classe c'est obliger élèves et enseignants à les utiliser à la maison, et ce faisant leur imposer d'acheter des logiciels coûteux, quand des alternatives libres (et gratuites) existent, c'est une atteinte à l'égalité.

Conforter les élèves utilisateurs d'ordinateurs dans leur rôle de consommateurs de logiciels commerciaux, au lieu de leur faire découvrir les vertus des communautés d'utilisateurs de logiciels libres et de la mise en commun de ressources, c'est une atteinte aux principes de fraternité et de solidarité.

Obliger tous les membres de la communauté éducative à utiliser des logiciels et des formats propriétaires dans le monde de l'éducation, c'est une nouvelle offensive des intérêts commerciaux à l'intérieur du service public, et cela constitue donc une atteinte à la laïcité de l'école.

Et le choix fait par le ministère de l'Éducation Nationale n'a même pas l'excuse de l'efficacité: tous les professionnels savent que les produits Microsoft sont de piètre qualité, qu'ils enferment les utilisateurs dans un système qui les rendra dépendants indéfiniment et qui coûte chaque année une fortune à notre pays ...

Si la Ministre souhaite suivre un cours de découverte de la notion de format ouvert et d'interopérabilité, nous serons nombreux à lui ouvrir les portes de nos classes et de nos amphis ...

Bruno Menan, enseignant et membre de l'APRIL

 SIGNER ET FAIRE SIGNER LE COMMUNIQUÉ (plus de 4000 signataires au 22 décembre 2015)

Le "Common Core" ou comment l'état vend l'Education Nationale à Microsoft

Suis-je un enseignant moderne ?

Prof de Lettres depuis bientôt quarante ans, j’ai enseigné en collège, en lycée, en université et en prépas, en ZEP ou chez les bourgeois versaillais. Bref, je croyais savoir ce qu’est le métier — savoir si je l’exerce correctement est une autre histoire.
Mais je suis vieux. Dépassé. Désespérément non-moderne. Je ne suis pas un prof 2.0.
Allez, j’avoue : je n’intègre pas suffisamment les TICE à mon enseignement. Les « Technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement », telles que les décrit le ministère, qui vient de brader l’Education Nationale à Microsoft pour 13 millions d’euros, une bouchée de pain. Je n’ai pas de tablette en cours (ni ailleurs), pas d’ordinateur portable, pas de tableau inter-actif, je ne constitue pas de MOOC, je ne navigue pas dans un ENT (Espace Numérique de Travail) conséquent. Je n’applique aucune des consignes prodiguées par les spécialistes :

Passons sur le fait que je suis un homme — a white undead male, un fossile, un survivant, l’un des derniers exemplaires d’une espèce en voie de disparition — et que je m’identifie difficilement à la créature représentée au centre du dessin ( Cette réfléxion n'était peut être pas indispensable ! Note de Vahine ). Mais j’ai même du mal à comprendre certains dessins — par exemple la consigne 9. Je crains de mal interpréter le dessin, le lièvre informatique rattrape-t-il la tortue archaïque, compte-t-il la sauter ou sauter par dessus, en tout cas je n’y reconnais pas La Fontaine. Dans ma version, c’est la tortue qui à force de travail patient et de lente acquisition obstinée des savoirs, coiffe le lièvre sur le fil. Sans doute a-t-on réécrit les classiques.
Déjà la première consigne (ou faut-il dire « commandement » ?) m’était obscure. Qu’est-ce qu’un RAP ? Le mot ne peut pas avoir été choisi par hasard, il fait jeune, communautariste, bariolé. RAP ? Je me suis renseigné :
Ma foi, je ne saisissais pas davantage. Les métaphores, moi…
Puis j’ai vu le soleil sur la droite (il est étrange que sous le règne de Najat Vallaud-Belkacem, on ne situe pas le soleil à gauche). RAP, Réseau d’Apprentissage Personnel.
Je ne me répands pas beaucoup sur les réseaux sociaux. J’ai bien ce blog, mais je ne l’ai pas récemment démarré — ça fait dix ans que Bonnetdaneprofère des insanités anti-modernes. Je ne « m’abreuve pas de nouvelles découvertes » ni de « moments de sérendipité » — en fait, je ne fais que des découvertes lentes, à peu près concertées, sur les textes que j’étudie. J’ai bien peur d’entretenir des relations coupables — et ici-même — avec « des personnes trop négatives qui prospèrent sur la création de discordance ». Dans le monde merveilleux du RAP, il n’y a pas de discordance — tout le monde s’aime, tout le monde se donne la main, au moins de façon virtuelle. Et j’évite de faire des fautes d’orthographe (ah, ce « correcte » dans la colonne de gauche…).
À propos d’orthographe, j’ai suivi un lien recommandé sur le site. Et je suis tombé sur le correcteur des correcteurs — une instit formée dans un IUFM meirieutique il y a une quinzaine d’années m’avait expliqué que mes enfants n’avaient pas besoin d’apprendre l’orthographe, les machines corrigeraient pour eux. Et comme dit Sarah Connor, qui s’y connaît :Merci à l’artiste, au passage !
Bref, j’ai testé le logiciel (passons sur le fait que ces sites servent aussi à vendre des services — c’est comme la pornographie, surfer sur grosnichons.com permet d’apprendre comment, moyennant finances, votre pénis pourrait passer de 12 à 35 cm. J’ai soumis à la machine une phrase empruntée à une dictée célèbre, bien orthographiée :
Et elle m’a asséné la vérité ultime : je ne connais rien à l’accord du participe conjugué avec l’auxiliaire avoir. Le ton sur lequel la machine vous tance en dit long sur sa suffisance et sa conviction profonde d’être déjà sûre d’elle et dominatrice :
Allons ! Je ne suis plus très loin de la retraite. J’occupe encore pour deux ou trois ans, maximum, l’espace pédagogique. Quand j’aurai disparu des rangs des actifs, de Nouveaux Profs câblés à mort, prompts sur la sérendipité, me remplaceront — ils seront partout. Crétin que j’étais de croire que l’apocalypse avait commencé avec la réforme Jospin, et que Chatel puis Vallaud-Belkacem avaient vissé le couvercle sur le cadavre. La fin du monde est pour demain. Mais quand je vois ce que proposent le ministère et la Toile, je me dis que demain a déjà commencé.

Jean-Paul Brighelli

7 Janvier 2016

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Olivier 11/01/2016 00:36

Excellent article, content de vous retrouver Vahine, plus en forme que jamais apparemment...

Vahine 11/01/2016 13:45

Merci ...

Olivier 11/01/2016 00:35

Excellent article, contre de vous retrouver Vahine, plus en forme que jamais apparemment...