10 millions de chomeurs en France

Publié le par Vahine

Froid

 

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Par Brigitte Pascall :

 

 

  • ‎10 MILLIONS DE CHOMEURS !!!

    Pour le 19ème mois consécutif, le nombre de chômeurs est à la hausse : + 43 300 nouveaux demandeurs d’emploi au mois de novembre 2012, selon les chiffres de Pôle emploi. En catégorie A, chômeurs sans emploi, on compte donc 3 385 700 chômeurs, DOM inclus. Toutes catégories confondues (ABCDE), on compte 5,551 millions de chômeurs, DOM inclus, toujours selon les chiffres de Pôle emploi.

    Attention, un chiffre circule souvent : 4,9 millions de chômeurs, donnée qui totalise le nombre de chômeurs uniquement dans les catégories ABC (chômeurs sans emploi ou ayant un petit boulot). C’est un faux chiffre global, qui ne comptabilise pas tous les chômeurs dans les voies de garage : chômeurs en formation, en maladie, ou en contrat aidé.

    Si on ajoute les 104 300 séniors indemnisés de métropole, on ne connait pas le nombre de séniors indemnisés des DOM, bénéficiant d’une dispense de recherche d’emploi, on arrive au chiffre de 5,65 millions (1).

    Comme l’explique un rapport de Pôle emploi d’août 2010 (2), c'est-à-dire avant les 19 mois de hausse continue de chômage que nous sommes en train de vivre, le chômage actuel est le pire jamais observé depuis 1945. Sur longue période, le chômage était de 400 000 personnes en 1967 ( il fallait une heure 30 pour trouver un emploi qu’on conservait toute sa vie), 1 million en 1976, 2 millions en 1988, 5,65 millions aujourd’hui. Comme il ne vous a pas échappé, les agents de Pôle emploi sont toujours dans le ponctuel, le mensuel : par exemple les chiffres du chômage de novembre 2012. Les agents de Pôle emploi ne sont jamais dans la mise en perspective historique, la longue période, qui montre, sans aucune ambiguïté, l’apocalypse du chômage que nous sommes tous en train de vivre.

    Reprenons les différentes catégories de chômeurs, qui n’ont en réalité d’autre fonction que de camoufler le nombre total de chômeurs :

    Il existe cinq catégories de chômeurs au sens de Pôle emploi :

    1°)- Catégorie A : personne sans emploi, immédiatement disponible, recherchant un CDI à temps plein :

    C’est « le » chiffre de référence, publié tous les mois dans les média, qui ne parle que des chômeurs sans aucune activité. Ce qui évite de mentionner les demandeurs d’emploi effectuant quelques heures de ménage. Il est toujours mentionné sans les DOM : soit 3, 132 millions de demandeurs d’emploi. En réalité, on compte 3, 385 millions de chômeurs en catégorie A avec les DOM.

    2°)- Catégorie B : personnes sans emploi, ayant une activité réduite inférieure à 78 heures dans le mois :

    Ce sont des chômeurs qui bénéficient d’un petit emploi, dont la durée est inférieure à 78 heures dans le mois : ils sont 618 200 rien qu’en France métropolitaine.

    3°)- Catégorie C : personnes sans emploi, ayant une activité réduite supérieure à 78 heures dans le mois.

    Ce sont des chômeurs qui bénéficient d’un emploi à temps partiel d’une durée supérieure à 78 heures dans le mois. Cette catégorie compte 866 000 chômeurs en France métropolitaine.­­­­ La séparation des catégories B et C ne repose sur aucune césure valable, puisqu’elles comptent, toutes les deux, des chômeurs bénéficiant d’un petit travail. Si elles étaient fondues, on aurait 1 484 200 demandeurs d’emploi, qui ont une activité réduite, rien qu’en France métropolitaine.­­­­ Soit un chiffre très élevé. Beaucoup plus en réalité en incluant les DOM.

    4°)- Catégorie D : personnes sans emploi en arrêt maladie, maternité, formation, stages :

    Cette catégorie n’est pas homogène. Car elle incluse des personnes inactives, car malades, avec des demandeurs d’emploi en stage, qu’il conviendrait de mettre dans les catégories B ou C.

    5°)- Catégorie E : personnes sans emploi en contrat aidé :

    Cette catégorie regroupe les demandeurs d’emploi en contrat aidé. Soit 357 3000 en France métropolitaine.­­­­ Là encore, il conviendrait de mettre ces chômeurs à temps partiel dans les catégories B ou C. En totalisant les catégories BCE, et une partie de la catégorie D, le nombre total de chômeurs ayant une petite activité dépasse deux millions de personnes. Une publication honnête des chiffres du chômage gagnerait à présenter le nombre de chômeurs sans activité, France métropolitaine +DOM (3,385 millions). Le nombre de chômeurs avec un petit boulot en France métropolitaine + DOM (2,27 millions). Et le nombre total de demandeurs d’emploi avec naturellement les DOM, et les séniors dispensés de recherche d’emploi (5,65 millions).

    On voit comment ce maquis de catégories, de fausses différenciation­­­­s, ne repose sur aucune raison méthodologique valable. Qui n’ont d’autre fonction que de faire disparaitre presque la moitié du nombre des chômeurs de la visibilité médiatique. Mais ce n’est pas tout : il convient également de prendre en compte les éléments suivants :

    • Le chiffre du chômage est connu le 24 ou le 25 du mois suivant : alors que traditionnellem­­­­ent, il était publié le 30 ou le 31 du mois suivant. Ce qui permet de ne pas comptabiliser toutes les remontées de chômeurs. Les chômeurs, dont le nombre est connu le 26 du mois suivant ne sont ainsi pas comptabilisés dans la statistique mensuelle. Soit, presqu’une semaine de gagné !

    • Le nombre de radiations temporaires explose : 5,5 millions, selon une enquête de la DARES de décembre 2011. Il en résulte un mouvement tournant : d’abord Monsieur DUPONT sort des listes de Pôle emploi, puis Madame DUBOIS, puis Monsieur DURAND…Avec ces radiations temporaires, un tiers des effectifs de Pôle emploi est régulièrement en dehors de ses statistiques. Donc, le chiffre « officiel » de 5,65 millions minore gravement la situation, puisqu’il ne tient pas compte de cette politique de radiations extrêmement active.

    • 23% des jeunes sont au chômage, soit 880 000 personnes privées d’emploi. Mais, comme ils n’ont jamais travaillé, ils n’ont réuni aucun droit aux ASSEDIC. Ils ne sont donc pas inscrits à Pôle emploi et non comptabilisés dans les statistiques. Aux 880 000 jeunes au chômage, il convient d’ajouter 190 000 jeunes qui débarquent chaque année sur le marché du travail, également non inscrits à Pôle emploi. Il existe donc plus d’un million de jeunes sans emploi totalement occultés par Pôle emploi !

    • D’autre part, il existe 1,3 million de bénéficiaires du RSA non inscrits à Pôle emploi ( chiffre DREES), également non comptabilisés par les statistiques de Pôle emploi.

    • Les salariés licenciés sont mis systématiquemen­­­­t en CRP, conventions personnalisées de reclassement d’une durée de 12 mois. Durant toute la durée de leur CRP, ils ne sont pas inscrits à Pôle emploi.

    • Il existe plus d’un million ( 1 017 484) salariés qui ont rompu leur contrat de travail à l’amiable. Le plus souvent, en échange d’un chèque. Ils ont droit au chômage, mais seulement à 60% de leur salaire. Ils ne sont donc pas pressés de s’inscrire à Pôle emploi.

    • Les démissions représentent 60% du nombre de ruptures du nombre de contrat de travail. En principe, elle prive le salarié de droits ASSEDIC. Donc, une masse très importante de salariés aujourd’hui privés d’emploi n’est pas inscrit à Pôle emploi, qu’on peut évaluer à plusieurs millions (2/3) de salariés.

    • Pôle emploi raye systématiquemen­­­­t de ses listes les chômeurs de longue durée totalisant plus de trois ans d’ancienneté à Pôle emploi. Alors même que le chômage de très longue durée (3/5 ans) explose.

    Si on totalise toutes ces catégories « oubliées » par Pôle emploi, on arrive à plus de 10 millions de personnes privées d’emploi, inscrites ou non à Pôle emploi. Soit presque le double du chiffre officiel. Sur AGORAVOX, circule un chiffre voisin, mettant ensemble des chômeurs et des personnes sous employées : 18% de la population travaille à temps partiel, soit 4,5 millions de personnes. Tel n’est pas notre choix méthodologique,­­­­ car nous pensons que ce chiffre met ensemble des actifs et des chômeurs, soient des entités profondément différentes. Sur le plan psychologique, la rupture du sentiment d’appartenance à la société est beaucoup plus forte chez un chômeur que pour un salarié à temps partiel ...

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