Comment le cartel des banques manipule à son profit un marché de 350 000 milliards de dollars

Publié le par Vahine

Loi sur les banques

 

Encore un article que je relaye bien que n'en comprenant pas toutes les implications ....

Et qui ne me concerne pas directement parce que je n'ai pas d'argent à placer ...

Mais je comprend le principal ...

En gros, cette dame nous explique comment on se fait niquer par les banques !!!

 

Par Isabelle Mouilleseaux pour l'Edito des Matières Premières 

 

Comment le cartel des banques manipule à son profit un marché de 350 000 milliards de dollars

par Roland Montbeau, vendredi 11 mai 2012, 20:30 · 

  Trois étalons dictent leur loi sur les marchés : le roi dollar, étalon de la planète devises. Le S&P 500, étalon des marchés actions. Et il existe un troisième étalon au cœur de la planète finance, tout aussi puissant : le taux LIBOR, où 350 000 milliards de dollars de produits financiers y sont indexés.

 

Cartes bancaires, prêts hypothécaires à taux variable, contrats de couverture, produits structurés... le taux LIBOR sert de référence pour fixer le taux d'intérêt de milliers de produits financiers. Il est le "taux mère" dont découle un ensemble de taux applicables à une multitude de produits.

 

Imaginez une pyramide inversée : il en constitue la base et il "donne le la" à toute la pyramide. C'est le cœur du système.

Pour faire simple, le taux LIBOR est le coût de l'argent. C'est le taux auquel les banques se prêtent de l'argent entre elles, le taux de référence du marché interbancaire.

 

Mais ce "taux mère" a fait l'objet de manipulations. Un cartel de quelques grandes banques est suspecté.

Un scandale de plus... et un nombre infini de victimes qui s'ignorent.

 

 

La jauge de la santé des banques vous mentirait-elle ?

 

Le taux LIBOR est donc le taux moyen auquel les banques se prêtent de l'argent entre elles.

 

Évidemment, ce taux intègre le risque. On ne prête pas au même taux à une banque solide qu'à une banque qui présente un risque de solvabilité. Plus le risque de contrepartie est grand, plus le taux monte. Quand les banques se font confiance, le taux est bas. Logique.

 

Voilà pourquoi ce taux LIBOR est aussi pour nous autres investisseurs, LA jauge de la santé financière des banques.

Pourtant, dès fin 2007, certaines banques commençaient à être étranglées par les subprime toxiques qui pesaient lourdement sur leurs comptes... Le risque de contrepartie émergeait doucement. Mais le taux LIBOR ne montait pas, les banques continuaient à emprunter de l'argent à taux bas et semblaient se faire confiance. Etrange...

 

Début 2008, les CDS (assurances qui vous couvrent contre le défaut les banques) voyaient leur coût grimper fortement face au risque bancaire latent. Le LIBOR ne suivait pas. Etrange...

 

Ainsi sont nés les premiers soupçons de manipulation, les premières interrogations...

 

 

Les taux seraient-ils délibérément maintenus artificiellement bas par les banques ? 

 

Le LIBOR est calculé tous les jours à 11 heures sur la base d'un sondage réalisé par la BBA (Association britannique des banquiers). La BBA demande aux 15 plus grandes banques à quel taux elles estiment pouvoir se financer sur les marchés monétaires ; elle en tire une moyenne : le LIBOR.

 

"La main sur le coeur, je pense pouvoir aujourd'hui me refinancer à ...", voilà comment est calculé le taux qui sert de référence à 350 000 milliards de dollars de produits financiers. Voilà comment est calculée la jauge qui nous permet de juger de la santé des banques.

 

Le taux le plus important du monde est le fruit d'un sondage et de supputations, suppositions.

 

Aussi incroyable que cela puisse paraître, aucune transaction réelle ne justifie ce taux qui repose uniquement sur la bonne foi que l'on met dans la parole de quelques banquiers. Banquiers qui sont à la fois partie et contrepartie !

 

On se retrouve donc avec des banques qui créent et vendent des produits à leurs clients, et qui fixent elles-mêmes le taux de référence qui déterminera l'intérêt applicable à ces mêmes produits.

 

Trouvez l'erreur...

 

 

Quel intérêt pour les banques de maintenir les taux bas ? 

 

Pour ne pas inquiéter les marchés quant à leur santé réelle, vous dira-t-on... Disons plutôt pour cacher leur fragilité financière aux investisseurs dans ce cas. Tout va très bien madame la Marquise... un simple mensonge de plus au coeur de la tempête des marchés.

 

Mais il y a une autre raison : l'argent. Vu les milliards d'actifs financiers que ces banques ont dans leur bilan, modifier le taux de référence de façon infime peut être très rémunérateur du fait de l'effet multiplicateur.

 

"En 2009, Citibank a indiqué qu'elle empocherait 936 millions de dollars si les taux d'intérêt baissaient d'un quart de point par trimestre durant une année. Le gain s'élevant à 1,9 milliard s'ils chutaient de 1%", lit-on dans le quotidien suisse Le Temps.

Qui est le dindon de la farce dans cette histoire ? Les clients de la banque...

 

Pas étonnant dans ces circonstances de voir se multiplier les plaintes civiles. A commencer par celle de Charles Schwab qui estime le préjudice à "plusieurs centaines de millions de dollars, voire milliards de dollars".

 

 

Les autorités de marchés américaines et nippones se lancent dans la bataille

 

Opacité, manipulation des taux, entente... les autorités de marchés veulent en avoir le cœur net.

UBS a été citée à comparaître et est menacée de tentative de manipulation de taux. Elle a décidé de "coopérer", espérant ainsi réduire l'amende potentielle...

 

L'enquête cherche aussi à déterminer s'il y a eu "entente", action de concert. Les banques se sont-elles entendues de 2008 à 2011 pour maintenir les taux bas ? Crédit Suisse, la Société Générale, Citigroup, Barclays... sont dans le collimateur des agences de contrôle.

 

Il y a fort à parier que cette bataille juridico-financière durera des années.

 

Elle se terminera sans doute comme toutes les autres batailles : à l'amiable, avec un gros chèque à la clé.

 

Toujours pour les mêmes raisons : le lobby des banques est l'un des plus puissants qui soit, il est très fortement imbriqué dans le monde politique américain qui en dépend, et l'argent est le nerf de la guerre.

 

 

Et l'épargnant (tel vous et moi) là-dedans ?

 

Qu'il change de jauge !

Qu'il ne prenne pas tout ce qu'on lui dit pour argent comptant.

Qu'il soit critique.

 

 

Car la meilleure façon de faire face à tous les dysfonctionnements de la planète finance (et ils sont nombreux !) est incontestablement l'adaptation.

Comprendre les enjeux et prendre les bonnes mesures pour protéger ses avoirs, son portefeuille, son patrimoine.

Personne ne le fera à votre place.

 

Et surtout pas les banques...

Publié dans Banksters et dettes

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