Elections : celui qui paie les musiciens choisit la musique ...

Publié le par Vahine

Très bon article de Cédric Bernelas sur Diktacratie :

 

 

Celui qui paie les musiciens choisit la musique

Celui qui paie les musiciens choisit la musique

le 04 mai, 2012 dans Démocratie / Oligarchie par

 

L’élection permet aux plus fortunés d’acheter le pouvoir. De la sorte les plus riches ou leurs serviteurs, toujours minoritaires, dirigent un système qui prétend pourtant au gouvernement de la majorité. L’élection sert alors à les mettre au pouvoir.

La mécanique est simple, vous la connaissez désormais. Vraiment il n’y a que les plus lâches pour continuer à faire la sourde oreille…

Pas besoin de Médiapart pour rappeler la nature françafricaine des financements électoraux - à travers des prélèvements sur l’aide publique au développement ou la vente des matières premières – sur l’ensemble des partis dits de gouvernement.

Par ailleurs nous vous avons souligné le partenariat insolent entre les Banques et les médias ; partenariat, qui, favorisant la visibilité de certains candidats, participe ainsi à un meilleur score de leur favori le jour de l’élection.

Enfin, l’opinion est façonnée au point qu’elle croit d’elle-même choisir son poulain alors qu’elle ne répond qu’au formatage bienveillant de la propagande ambiante.

Ainsi nous consentons à notre servitude et nous alimentons cette soumission. Depuis que toute autorité n’est légitime que par le consentement de ceux sur qui elle s’exerce, les citoyens alors électeurs n’ont pas d’autre alternative que de choisir un maître pour s’y soumettre ensuite.

Mais ces maîtres sont eux-mêmes les esclaves d’une économie qui s’est affirmée en un gouvernement supra-politique. Cette justification diplomatique par l’économie s’est précipitée depuis 1973 sous la présidence de Pompidou. Elle n’a fait que s’accroitre de Mitterrand à Sarkozy : nous sommes alors passés du règne de l’argent-roi à l’empire du bling-bling.

Aujourd’hui notre chère démocratie, à défaut de ne toujours pas appartenir au peuple, est devenue le pouvoir d’une caste élue, mais soumise aux caprices d’une Finance apatride, elle-même subordonnée à l’humeur de quelques banquiers en sainteté, rentiers de luxe ou voleurs de pétrole…

L’oligarchie politique s’est convertie ainsi en tyrannie économique. Tyrannie tolérée par notre aveuglement politique ivre de prestige pseudo-démocratique.

De concert, ces oligarchies ont consolidé leur ascendant et planifié un pouvoir mondialisé de l’argent. Ceci afin de parfaire leur logique dominatrice tout en se protégeant de protestations trop ciblées. Dépourvues d’assise nationale, elles vivent là où leurs intérêts les mènent, où l’impôt est inexistant et l’exploitation facile.

Voilà donc une mondialisation abstraite, impersonnelle et insaisissable mais responsable de tous les maux politiques, de toutes les crises économiques, et sur laquelle converge toute l’indignation des citoyens. Ils en oublient du même coup que nos oligarques sont, au mieux les principaux maîtres d’œuvre de ce projet de domination mondiale, au pire les premiers complices. Ces voleurs de pouvoir que nous instaurons par notre vote.

 

                  Cédric Bernelas

Publié dans Fin de la démocratie

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