Québec : Le mouvement des casseroles

Publié le par Vahine

CasserolesVIVE LE QUEBEC LIBRE !

 

Sur facebook par Raynald Robinson :

 

Photos de Serge Adam


    
 

Un témoignage de Raynald Robinson sur le mouvement des casseroles. Merci Marie Eve Garand pour le lien
Ce soir, j'ai pris ma casserole et je suis sorti timidement dans la rue. Des gens déambulent. Je me demande qui a sa casserole. Je suis gêné. Je n'ai pas envie d'être seul sur le trottoir à faire du bruit. À déranger.

Puis, je vois un jeune garçon, un ado, avec sa mère et sa grand-mère. Son grand-père est là aussi. Il marche derrière eux d'un pas lent. Il boite. Mais dans sa main, lui aussi, comme les autres, il a sa casserole. Je les rejoins, nous croisons une fille. Noire. Comme elle porte un carré rouge, nous lui demandons si elle sait où est la manif. Sur hochelaga, dit-elle, Place Charles Valois. Nous nous y rendons, casseroles en main. En route, je regarde sur mon portable. Il est 20 heures. Et nous ne sommes encore que notre petit groupe. Le jeune homme et moi nous nous regardons. Oserons-nous ? Oui. Lui d'abord. Puis nous tous. Nous tapons avec nos cuillères de bois sur nos vieilles casseroles. Une autre retentit au loin. Une autre. Une autre encore. Des jeunes étudiants sortent dans la rue. Ils marchent vers la Place Valois. Ils tapent en rythme eux. Nous apprenons. Ils marchent d'un pas ferme eux. Ils ont de l'expérience. Puis au loin, la place Charles Valois. La grand-mère et le grand-père trouvent un banc pour s'assoir. Ils tapent en tremblant sur leur casserole. Il y a cent, puis deux cents, puis trois cents, puis mille personnes. Nous nous mettons en marche. Les voitures de police se dissimulent au coin des rues, prennent des ruelles, nous croisent quelques fois. Les jeunes regardent les policiers, droit dans les yeux. Sans peur et sans arrogance. Mais avec conviction. Je vois même des policiers baisser les yeux. J'en vois un en particulier. Il a l'âge des étudiants. J'ai le sentiment qu'il réalise qu'il a choisi un travail qui le dépasse. Une question me traverse l'esprit: est-il fier de lui ? Est-il fier de son travail ? Ce soir, de la façon dont il se comporte, je crois qu’il a des doutes. Je crois que ce soir, il ne fait pas le métier qu’il rêvait de faire.

Enfants, hommes, femmes, ainés, des gens en chaise roulante, des gens de toutes les ethnies, la foule prend l'itinéraire qu'elle veut, et ce malgré la police, malgré la loi. Elle marche au milieu de la rue Ontario, au milieu de la rue Cuvilliers, au milieu de la rue Hochelaga, au milieu du boulevard Pie 1X, au milieu de la rue Ste-Catherine, au milieu de Rouen , en tapant sur ses casseroles cabossées, en criant "La loi spéciale, on s'en câlisse". Et tout le long du parcours, sur les balcons, sur le trottoir, aux fenêtres, des gens ont sorti leurs casseroles, des gens tapent fort eux aussi. Des gens protestent et crient et rient. Des gens applaudissent. Des gens tapent fort. Fort. Fort. ''la loi spéciale, on s'en câlisse " ou " continuez" ou " on est avec vous". Certains se joignent à la marche. D'autres, trop timides sans doute tapent en restant presque cachés derrière une porte ou un arbre. On ne voit et n'entend que leur casserole.

Je marche et tout à coup, tout à coup, tout à coup, au détour d'une rue, à la fenêtre d'un immeuble, je vois une femme, en tenue légère, les seins presque découverts, les traits tirés malgré qu'elle soit trop maquillée. Elle regarde la foule et sourit. Malgré qu'elle soit encore jeune, il lui manque des dents. Je vois qu'elle tient dans une main une bouteille de bière, dans son autre main, une cuillère. Je vois qu'elle frappe sa cuillère sur sa bouteille de bière. Elle frappe frappe et je vois des larmes qui coulent sur sa joue. Je l'ai vue, de mes yeux, vue.

Je vois et j'entends tout cela. J'entends le bruit des casseroles. J'entends crier la souffrance des gens. J'entends crier la solitude des gens, leur détresse, leur désarroi. Je les entends crier leur rage, leur colère. Je les entends même en être fiers.
Je vois tous ces jeunes qui marchent, qui voient, qui entendent la même chose que moi. Ils marchent toujours toujours toujours d'un pas aussi assuré. Et ce sont eux que l'on appelle des enfants roi ? Ce sont eux que l'on juge bébé gâté ? Non ! Les vrais enfants roi dirigent nos gouvernements, nous vendent, nous mentent, les vrais enfants roi nous escroquent, les vrais enfants roi nous donnent leur avis, commentent nos gestes, font du sensationnalisme, sur LCN, sur RDI, sur canal V, sur TVA. Les vrais enfants roi fondent un nouveau parti politique aux moindres petits désaccords. Les vrais enfants roi se croient au dessus de tout. Les vrais enfants roi vomissent leurs opinions, comme le montre une certaine caricature, sur les ondes des radios poubelles. Les vrais enfants roi ordonnent aux policiers de nous mâter et se réfugient dans leur grosse cabane insonorisée. Les vrais enfants croient que l'on peut nous manipuler avec des sondages. Les vrais enfants roi tentent de nous diviser, les jeunes contre les vieux, de diviser les régions l'une contre l'autre, Québec contre Montréal. Ils tentent de nous faire croire que nous ne sommes que deux hosties d'équipe de hockey. Les vrais enfants roi croient que la seule façon de penser passe par l'économie, leur économie, leur talent pour la magouille et le mensonge. Les vrais enfants roi croient que dans la vie, certains gagnent et certains perdent. Non ! Qu'il sache que la vie est plus que ça. Plus surprenante qu'ils ne le croient.

Qu'ils se taisent ces enfants roi et qu'ils entendent le bruit des casseroles. Une seule fois. Une seule maudite fois. Qu'ils sachent que les vrais grands de ce monde, ceux et celles dont l'histoire retient le nom, ont eux aussi défié la loi. Le fils de Dieu lui-même, n'en déplaise aux bien- pensants. Le Christ lui-même a défié la loi. Et Jean-Paul 11 lui-même, et Gandhi, le Dalaï Lama, Victor Hugo, Émile Zola, les américains eux même pour acquérir leur indépendance, les résistants de tous pays contre les armées nazi, les Polonais, le Tchèques, contre la puissante armée soviétique, les femmes pour le droit de vote, les gays contre l’oppression des religieux et je pourrais en nommer en nommer en nommer... LE PROGRÈS SOCIAL EST UNE SUCCESSION DE LOIS TRANSGRESSÉES.

Laissez nous tranquille avec votre petite morale à cinq cennes, messieurs et mesdames, ceux et celles qui prônez la loi et l'ordre en tout temps. Le peuple sait quelle loi il faut respecter et quelle loi n’a pour seule mérite que d'être bafouée. Le peuple pense et réfléchit, et malgré votre sale complaisance.
Je suis rentré chez moi hier soir, fatigué. J'ai dû marcher 3 heures. Je suis rentré chez moi et les jeunes, eux, marchaient encore encore encore en tapant inlassablement sur leur casserole.
Et ce sont eux que l'on dit paresseux et gâtés.
Attention ! Entendez les cris de leurs casseroles.

Raynald Robinson

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Mon père ... un grand émotif !!!

par Edgar Santos, jeudi 24 mai 2012, 03:27 ·


     Pendant la grande manifestation du 22 mai 2012, à quelques reprises, j'ai pu voir l'émotion dans les yeux de mon père, l'émotion de fierté d'un peuple qui se tient debout !

 

     Voilà environ 38 ans, avant que je sois né, ce bonhomme là participait à des réunions secrètes dans les montagnes, parfois à la pluie, pour essayer d'organiser la chute du gouvernement fasciste, qui régnait sur le Portugal à l'époque. Tout ça bien sûr dans le but d'éviter la prison pour avoir parlé contre le gouvernement.

 

     Des moments très difficiles, j'en ai déduit, à en juger par sa voix tremblante pendant qu'il me racontait cette histoire. Difficiles oui mais ça valait tellement la peine, me dit-il ! Le 25 avril 1974 le Portugal s'est libéré du régime fasciste et ce de façon pacifique. Face à la force énorme d'un peuple uni, le gouvernement n'a pas eu d'autres choix que de se rendre et par la même occasion de rendre la liberté au peuple.

 

     C'est pour ça que mon père avait les larmes aux yeux en regardant tout ce beau monde là, parce que lui, il sait vraiment tout ce qu'un peuple uni peut accomplir !

 

     La hausse des frais de scolarité n'est qu'une petite braise sur laquelle le gouvernement Charest à lancé du gaz avec sa loi "matraque" et qui a allumé un gros feu, un feu que j'appellerais "social".

Le conflit étudiant est donc devenu un conflit social qui brime les droits fondamentaux d'un peuple tout entier.

Ajoutez à ce feu la bûche des hausses de tarifs, la bûche des enveloppes brunes, la bûche des contrats sans appel d’offre, etc., etc., etc. et vous obtenez l'énorme brasier de la corruption gouvernementale.

  

     Les étudiants, ceux là même à qui l’on reproche souvent de ne pas avoir d'ambition et de se foutre de tout, ce sont les pompiers à la ligne de front, en avant de nous tous, essayant d'éteindre ce brasier infernal qui brûle tout sur son passage.

     Nous, les travailleurs, on est en arrière et on est tellement "brûlés" par le gouvernement, on est tellement habitués à se faire voler par le gouvernement qu'on en fini presque par être bien là dans et on en traite même nos jeunes d'anarchistes, d'enfants rois et de faiseurs de trouble.

     Ne trouvez-vous pas que ces jeunes, je dirais même que l'avenir du Québec aurait besoin de votre support présentement ?

 

  

     La situation au Québec, heureusement, est encore loin des années sous un régime fasciste que mon père a dû traverser et ça se rendras probablement jamais là mais à partir de quand est-ce qu'on est supposés se dire "C'est assez ! Là je dois faire de quoi" ? Avez-vous remarqué que plus ça va et moins le gouvernement se cache pour faire ces magouilles ? Ils se disent que de toute façon le peuple ne peut rien faire !!!

 

     La lutte est commencée !!! Les jeunes, l'avenir du Québec vous offre la chance de vous offrir, d'offrir à vos enfants et à vos petits enfants un avenir meilleur dans un monde plus juste ! Oubliez les nintendos pis les voyages à disney world. Ce sont des beaux cadeaux mais ça ne changeras absolument rien dans la vie de vos petits quand ils seront grands.

 

 

     Joindre le mouvement en cours, ça c'est un beau cadeau qu'ils pourront vous remercier pour le restant de leur vie.

 

     Avant de finir la journée, mon père m'a dit "J'y suis allé parce que je suis contre la corruption mais la vraie raison c'est pour notre petit que je l'ai fait ...". Mon père a quitté son travail plus tôt sans trop donner de raison et il a fait la manifestation ... pour mon fils !

 

      En fin de compte, je dois être un grand émotif moi aussi parce que les larmes me coulent le long du visage en ce moment même .... Le 22 mai 2012 resteras à jamais gravé dans ma mémoire.

 

 

 

 

PARTAGEZ, RASSEMBLEZ, INFORMEZ, PROTESTEZ ….. Croyez-y car c’est possible et c’est entrain de se passer maintenant !!!! Tous les petits gestes comptent ne serait ce qu’un petit carré de tape rouge sur votre chemise ! Ne vous souciez pas de l’opinion des autres mais respectez plutôt la vôtre et surtout faites le dans la paix.

 

     Faites en sorte que cette lueur d’espoir que j'espère, vous habite présentement, se propage autour de vous tel un tsunami que personne ne pourras arrêter.

 

UN PEUPLE UNI, NE SERA JAMAIS VAINCU !!!

UN PEUPLE UNI, NE SERA JAMAIS VAINCU !!!

UN PEUPLE UNI, NE SERA JAMAIS VAINCU !!!

 

 

     Remarquez que je vise ici le parti libéral parce que ce sont eux qui sont au pouvoir présentement. Malheureusement, je ne peux pas dire si ça serait mieux avec un autre. Le vrai visé ici en fait est le système capitaliste. Celui dont le but est de rendre les riches plus riches et les pauvres plus pauvres, éliminer la classe moyenne. Pourquoi croyiez-vous qu’ils s’attaquent à l’éducation ??? Un peuple ignorant est un peuple facile à « fourrer »! Y aviez vous pensé ?!?!


Publié dans Résistance

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