Robots tueurs où quand des machines pourront décider de tuer des humains

Publié le par Vahine

SyrieTrois articles qui parlent des projets de guerres avec des robots que nos pays hautement civilisés ont l'intention de mettre en oeuvre pour finir de détruire les pays du " reste du monde " qui leur auraient , par miracle, échappé jusqu'à présent !!!

 

 

Sur Geek Mag ( moins les fautes d'orthographe ! ) pour le 1 er article, sur le blog de Francis Pisani pour le second et sur knowtex pour le 3 ème :

Les robots tueurs lourdement armé: une réalité effrayante pour l’avenir

Robot Militaire

Depuis quelques années, les drones aussi appelés UAV (Unmanned Air Vehicle) sont utilisés par les militaires pour effectuer des missions de reconnaissance stratégique. Ces mini véhicules semi-autonome pilotés à distance permettent notamment d’effectuer des opérations de repérage sans risquer de vie humaine. Mais l’usage des drones n’est qu’un premier pas dans l’utilisation des robots à des fin militaire. Par exemple d’ici à dix ans, le Pentagone espère que les robots joueront un rôle opérationnel essentiel au sein de l’armée américaine. Pour cela, de gros budgets ont été débloqués. Ces derniers serviront à financer des projets tel que le Future Combat Systems. Valeur de ce dernier? 127 milliards de dollars soit le plus gros contrat militaire jamais signé dans l’histoire des Etats-Unis. Les robots sont au cœur des efforts entrepris par l’armée américaine pour s’adapter aux champs de bataille du XXIe siècle. Les Military Bots se verront confier des missions tel que traquer et tuer l’ennemi au combat comme en témoigne Gordon Johnson, du commandement interarmes du Pentagone:

 

“Ils ne connaissent pas la peur, ils n’oublient pas les ordres, ils s’en foutent si le type d’à côté vient de se faire descendre. Est-ce qu’ils feront du meilleur boulot que les humains ? Oui.”

 

02.SWORDS_robot D’après Nouvo.ch, quatre mille robots militaires sont déjà en service en Afghanistan et en Irak. Bien entendu la plupart ne sont que des robots de déminage ou de repérage tactique tel que le Packbot de chez iRobot (le constructeur de l’aspirateur Roomba) mais cela montre bien la tendance pour le futur. Le Pentagone veut d'ailleurs qu’un tiers de ses véhicules de combat soit autonomes d’ici 2015! A l’heure actuelle, les robots sont contrôlés par des humains mais de nombreux experts sont persuadés que ce n’est qu’une question de temps avant que l’armée déploie des machines capables de décider seules, quand, et sur qui, tirer.

Certaines personnes se rassurent en réfutant cette vision sous prétexte que les technologies nécessaire ne seront pas prêtes avant plusieurs décennies…

Malheureusement, si effectivement il est impossible aujourd’hui de doter un robot d’une intelligence artificielle apte à prendre une décision de tirer ou non sur un individu en faisant appel à une conscience ou un système décisionel avancé, il est tout à fait possible de construire un robot munit de capteurs de mouvement et de détecteur de présence qui tire sur tout ce qui bouge dans un périmètre donné (ce qui est déjà très proche du système des sentinels Sentry SGR-A1 de Samsung aux frontières Coréene).

De plus en plus de sociétés travaillent au développement de robot militaire tel que le Dragon Runner SUGV mise au point par l’entreprise Foster-Miller à Boston, aux Etats-Unis.

 

robot_dragon_runner

 

Les SWORDS (Special Weapons Observation remote Reconnaissance Direct action System), étaient à la base des robots démineur qui furent équipés de mitrailleuses M249 pour remplir certaines missions en Irak. Ces derniers furent retirés du service très rapidement non pour une question d’éthique mais pour un manque de fiabilité (cf cette news de Robot Impact)

 

talon_swords_bot

 

Dans 6 ans, le marché global pour la robotique de guerre vaudra plus de 40 milliards de dollars, presque 100 fois plus qu’aujourd’hui. A l’image des Etats-Unis, différents pays européens ou encore l’Afrique du Sud, la Corée (cf ici) et la Russie s’équipent en engins militaires toujours plus autonomes.

C’est notamment le cas de la France qui travaille sur un équivalent au Future Combat Systems américain avec la bulle opérationnelle aéroterrestre (BOA) et le projet Scorpion. A noter également que l’armée Française équipe également peu à peu ses troupes avec le sytème Félin (Fantassin à équipement et liaisons intégrées) qui est un véritable concentré de technologie (PDA avec large écran qui permet au soldat de visualiser différentes informations (ex: coordonnées GPS ou encore la visée déportée du Famas). A terme, le Famas sera remplacé par le PAPOP, un fusil d’assaut auquel est adjoint un lance grenade et un système de visée.

 

Quand des machines pourront décider de tuer des humains :

Robot_report_figure_1
J’ai mentionné il y a quelques semaines (voir ce billet) le fait que des soldats robots seront bientôt opérationnels en Iraq, ce qui avait attiré des commentaires plus ou moins atterrés.

 

Mercredi Tim Weiner offre dans le New York Times une vision plus complète et plus préoccupante encore de leur futur (et du nôtre).

 

Quelques données et quelques phrases prises dans l’article :

 

Gordon Johnson, du Pentagone, dit au début de l’article : « Ils n’ont pas peur. Ils n’oublient pas leurs ordres. Ils s’en foutent si leur voisin vient de se faire descendre. Feront-ils un meilleur boulot que les humains ? Oui. »


Avec 127 milliards de dollars, le programme Future Combat Systems est le plus gros contrat militaire de l’histoire américaine. Deux discours se tissent en parallèle pour justifier l’entreprise.

 

D’abord le rêve d’une guerre sans morts (d’un seul côté bien sûr), et surtout, le fait qu’au total (on a presque envie de parler de Total Cost of Ownership) un robot coûte dix fois moins cher qu’un humain. Deux très fortes motivations.

 

Dans un premier temps ils seront manœuvrés par des troufions, mais l’objectif est qu’ils voient et réagissent comme des humains, puis de les rendre autonomes quelque part à l’horizon 2035.

 

Ces messieurs préparent donc des machines qui auront la capacité de prendre des décisions impliquant la mort d’humains. Comme dit Weiner : « Alors que les premiers robots létaux sont en route pour l’Iraq, le rôle des robots-soldats-machines-à-tuer n’a pratiquement pas été discuté. »

 

La question qui intéresse le Pentagone n’est pas de savoir si les forces armées américaines auront ce genre de combattants mais quand.


Mais la vraie question est posée par Finkelstein, un type qui travaille depuis 28 ans dans la robotique militaire : « Si on pouvait envahir d’autres pays sans souffrir de pertes (bloodlessly), cela contribuerait-il à la tentation d’envahir ? »

Je ne saurais trop vous conseiller la lecture de l’article.

Je ne sais pas ce qui est le plus grave : le fait de préparer des machines qui auront droit de vie et de mort sur des humains, ou le fait qu’il n’y a pas vraiment de débat sur la question ???

Et vous ?

 

La guerre des robots aura bien lieu

Le 29 juillet 2011 par Jean-Christophe Féraud


( .... )

 

La réalité a largement rattrapé la science-fiction : en Irak, en Afghanistan et ailleurs, l’armée américaine emploie aujourd’hui en permanence plus de 2000 drones, dont les fameux Predator et Global Hawk, pour tenter de débusquer un ennemi insaisissable. Conçus pour l’observation et le renseignement, ces inquiétantes machines volantes servent aussi désormais à des missions létales : la CIA et le Shin Beth israélien ont utilisé des « drones tueurs » à de nombreuses reprises pour éliminer d’un tir de missile des « terroristes » en vadrouille dans le désert…

 

 

Drone Global Hawk, de l’armée américaine


« Search and destroy ! » Ils survolent 24 heures sur 24 le désert irakien ou les montagnes afghanes. Ils gardent les bases, patrouillent dans les zones d’embuscade, déminent les routes, explorent souterrains et bunkers. Ils surveillent en permanence l’avancée des programmes nucléaires iranien et nord-coréen. Dans les airs, sur terre, en mer, ces robots militarisés que l’on appelle aussi « drones » (le mot veut dire « bourdon » en anglais) mènent désormais tous les jours des missions pour le compte de la machine de guerre américaine.

 

Avions sans pilote « Predator » de General Atomics ou « Global Hawk » de Northrop Grumman ; robots terrestres « Sword » [de] Foster-Miller [division de QinetiQ] et « Packbot » (iRobot) ; drones sous-marins MLRS (Boeing)… Observation, reconnaissance, déminage, logistique, destruction de cible : aucune tâche jusque-là dévolue aux GI en chair et en os n’échappe à ces inquiétants soldats mécaniques. À commencer par les plus dangereuses. Récemment, une compagnie de démineurs de l’U.S. Army a ainsi rendu les honneurs à « Scooby Doo », l’un des 300 « Packbot tactical mobile robots » en service en Irak, réduit en miettes par l’engin qu’il tentait de désamorcer. 


 

 

Robot Packbot


Désormais, pour les militaires, l’avenir appartient au robot : ce combattant idéal qui obéit toujours aux ordres, ne ressent ni la fatigue ni la douleur, n’a jamais de problème de conscience ni de famille à indemniser. On est encore loin des robots type « Terminator » à apparence humanoïde.Mais nous n’avons encore rien vu.

 

En matière de course à l’armement, le lobby militaro-industriel américain ne fait pas les choses à moitié : 160 milliards de dollars ! C’est l’enveloppe faramineuse que le Pentagone a obtenu pour développer son programme de robots de guerre « Future Combat System » (FCS). Du jamais-vu depuis la « guerre des étoiles » du président Reagan. Objectif : équiper en véhicules robotisés 32 brigades de l’U.S. Army et des marines d’ici à 2015 (soit 15% des effectifs) ! Cornaqué par la très secrète Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency), le géant de l’armement Boeing pilote le développement de 18 robots : véhicules de reconnaissance, de transport, de déminage, d’artillerie, de combat et d’assaut… toute la panoplie sera disponible.

 

Bardés de capteurs, ces engins seront capables de se diriger, d’espionner ou de faire feu sur l’ennemi de manière quasi autonome. Ces « UGV » (pour « véhicules terrestres sans pilote ») recevront leurs ordres des soldats via un super-intranet militaire permettant des communications à haut débit par satellite. La guerre en réseau, que les Américains appellent « Network Centric Warfare » (NCW) et les Français « bulle opérationnelle aéroterrestre » (BOA), a déjà commencé…

 

Pour les militaires, l’utilisation de robots sur le champ de bataille présente de nombreux avantages : « Les drones de combat permettent de concentrer les efforts en soulageant les combattants, en particulier là où le danger est élevé. Ils économisent les moyens […]. Ils assurent une permanence et une disponibilité dont l’homme est incapable pour des raisons physiques », détaille un officier français enthousiaste sur le site spécialisé Checkpoint Online.

Une libellule au service du fantassin

Transcausasie, 2025 : la guerre du pétrole fait rage. Des soldats français de la « Coalition pour le maintien de l’approvisionnement énergétique » approchent de leur objectif : les faubourgs d’une ville tenue par l’ennemi. La progression en zone hostile s’annonce périlleuse pour la petite troupe… Prudent, le chef de section sort de son treillis un étui de la taille d’un paquet de cigarettes et en extrait un cylindre ovoïde. C’est un « cocon » contenant un microdrone de reconnaissance « libellule ».

 

Une pression du doigt suffit à libérer le petit insecte mécanique de 6 cm d’envergure qui se met aussitôt en vol stationnaire face à son « maître ». Un geste de la main en direction de l’objectif et la « libellule » s’envole pour un aller simple : pendant 20 minutes (autonomie maximum), le combattant, resté bien à l’abri, disposera d’un « œil déporté » lui transmettant des images en direct des lignes ennemies. Une fois l’énergie de sa micropile MEMs épuisée, la « libellule » se « crashera » au sol, le sentiment du devoir accompli… « Une de perdue, 10 autres dans la poche », pensera alors le soldat, satisfait des renseignements collectés par le minuscule robot jetable.

 

Ce scénario du futur n’est pas une vue de l’esprit. Depuis 2004, la Délégation générale pour l’armement (DGA) travaille très sérieusement sur ce projet de « nanodrone » faisant appel au dernier cri de la « microrobotique bioinspirée» : « Le défi est de mettre au point un tout petit drone capable de voler dans une pièce fermée sans se cogner aux murs. Cela suppose une très bonne aptitude au vol stationnaire et un champ de vision à 360 degrés. On s’est vite rendu compte que seule la nature était capable de telles prouesses. D’où l’idée de s’inspirer de la libellule », explique un responsable du projet à la DGA.

 

Pour l’heure, la « libellule » ne vole pas encore, mais l’engin mis au point par la startup SilMach pour le compte de la DGA sait déjà battre des ailes comme un véritable anisoptère. « Nous avons implanté, sur chacune de ses 4 ailes, 180.000 muscles en polycristal de silicium du diamètre d’un cheveu, soit autant que sur une vraie libellule ! On arrive à plusieurs dizaines de battements par seconde », s’enthousiasme l’homme de la DGA. Comme le nanodrone ne pèse que 120 milligrammes, il ne sera pas trop difficile de le faire décoller. Lui apprendre à voir et à naviguer sera une autre histoire. Mais l’expert de la DGA y croit : sa « libellule » pourrait être opérationnelle d’ici vingt ans…

 

Extrait de la brochure de l’entreprise SilMach


Face à une opinion publique de plus en plus hostile à la guerre, les robots permettent aussi de vendre l’illusion d’un conflit « zéro mort ». On comprend pourquoi les Américains, qui ont déjà perdu plus de 5.000 hommes en Irak, s’y intéressent tant. Mais la motivation est aussi économique : un robot de type « Sword » coûte 250.000 dollars quand " un GI revient à 4 millions, de la formation à la retraite " !

 

Enfin, les robots participent à la « guerre psychologique» : au moment de la guerre Golfe, les soldats irakiens agitaient le drapeau blanc à la seule vue d’un drone survolant leur position… Après avoir fait leurs premières armes sous la bannière U.S. ou dans les rangs de Tsahal (l’armée israélienne), les robots intègrent donc progressivement l’arsenal des grandes armées. Très en retard sur les Américains, l’Europe de la défense a prévu de dépenser 5,5 milliards d’euros dans la recherche sur les drones d’ici à 2012.

 

La France n’est pas en reste : entre son programme « BOA » (Thales, GIAT, Sagem) qui prévoit de « numériser » le champ de bataille et le système « Félin » (pour « Fantassin à équipement et liaisons intégrés»), le ministère de la Défense a déjà injecté 1 milliard d’euros dans la « guerre du futur ». Concrètement, deux compagnies du 8e RPIMA de Castres et du régiment de marche du Tchad ont reçu en 2007 leurs premières tenues « Félin ».

 

D’autres unités sont équipées progressivement depuis dans les limites des restrictions budgétaires qui frappent le ministère de la Défense. Développé par Sagem, ce système comprend des lunettes à intensificateur de lumière intégrées au casque, un système de communication à haut débit permettant d’échanger données et images, un mini-ordinateur portable pour le calcul de coordonnées et de tir et un fusil Famas dont la lunette de visée permettra aussi de filmer la cible… « Félin », qui sera livré à 31.500 exemplaires à l’armée française, fera de nos bidasses de véritables « cybercombattants » à même de faire équipe avec toutes sortes de machines au sein de la fameuse « bulle ».

 

La DGA prépare un ambitieux programme de robots terrestres : « En 2012, nous déploierons une unité expérimentale baptisée “Tactic”. Elle comportera 40 fantassins, une douzaine de véhicules, 5 robots terrestres et 3 drones volants. “Tactic” nous permettra de tester le binôme homme-machine en situation opérationnelle », s’enthousiasme un responsable du projet à la DGA. Au menu, toute une gamme de robots montés sur roues ou chenilles allant de 2 kilos à 1 tonne. Ils assureront les missions pénibles (transport de munitions) et dangereuses (reconnaissance en zone ennemie ou contaminée, déminage)… mais ne seront pas armés pour éviter les « bavures ».

 

Alors verra-t-on un jour des robots attaquer l’ennemi de leur propre initiative ? Côté américain, il est à peu près certain que les « docteurs Folamour» de la Darpa travaillent sur le sujet. Côté français, on se refuse – officiellement – à l’envisager : « Il n’est pas question pour l’armée française de transférer l’automatisme du tir à des machines. Ce serait trop dangereux et c’est aussi une question d’éthique », assure une source militaire.

 

De toute façon, le « cerveau » des robots est encore trop limité. « Malgré la montée en puissance des systèmes d’armes automatisés, l’homme sera toujours au centre du combat. Lui seul peut prendre les décisions qui s’imposent dans le feu de l’action et ce sera encore vrai longtemps », estime-t-on chez un grand industriel. Aujourd’hui, le vol des drones doit ainsi être minutieusement programmé car ces engins ne savent pas « naviguer » tout seuls. Pour les missions plus délicates, les « Predator » sont même pilotés à distance par des as de l’U.S. Air Force basée à Nellis, dans le Nevada…

 

( ......... )

 

Une chose est sûre, les nations les plus riches feront de plus en plus la guerre par bataillons de drones interposés. Des robots tueurs bardés de capteurs optroniques, de mitrailleuses et de missiles contre des combattants kamikazes armés de kalachnikovs et d’explosifs ? En Irak, en Afghanistan et ailleurs, le choc des civilisations s’annonce de plus en plus « asymétrique »…

 

Drone Predator, de l’armée américaine

Publié dans Guerre

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Eric78 29/10/2012 12:40


Bonjour,


Merci d'avoir cité mon article sur Geekmag.fr pour ceux que le thème intéresse, je viens de publier un nouvel
article sur le Petman de Boston Dynamics, un robot militaire à la fome humanoide très troublant! Tous les détails à lire ici

Vahine 01/11/2012 16:17



C'est moi qui vous remercie, et aussi pour ce lien très intéressant ...